Les communautés de Max WEBER

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Nouvelle traduction par Élisabeth KAUFFMANN et Catherine COLLIOT-THÉLÈNE

– éditions La Découverte

9782348041884Vers 1910, Max Weber rédige dix textes qui font voler en éclats la conception alors dominante de la communauté, aujourd’hui encore ardemment controversée. Un siècle plus tard, la présente traduction de ces écrits (pour partie inédits en français) s’appuie sur le volume des Communautés de l’édition critique allemande, qui, depuis 1984, réorganise et éclaire l’ensemble de l’œuvre protéiforme de Weber.
Loin de toute essentialisation de la communauté, de tout déterminisme mécanique, les analyses qui se déploient ici s’appuient sur la démarche sociologique que Weber est en train de fonder, pour interroger ce qui est en jeu dans les processus de « communautisation ».  (…) Lien vers la page de l’éditeur
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Ecrire les communs (dossier de la revue Sens public)

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arton1383Face à l’irréversible. Sylvia Fredriksson & Nicolas Sauret

Par leurs multiples manifestations au travers le monde, les communs nous invitent à ne jamais réduire l’Histoire politique des sociétés, des technologies et de l’environnement à un processus linéaire. Au mythe d’un progrès scandant l’irréversibilité, ils opposent la puissance de multiples prises sur le réel pour bâtir, transmettre et faire coexister des trajectoires et des récits alternatifs. La coexistence de ces récits ouvre des espaces où le statut et le rôle de l’écrit sont remis en jeu. (…)

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Pour aller plus loin:  lien vers le site Les Communs d’abord

Lectures croisées : vous reprendrez bien un peu de leaders ?

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Fascinant de lire en parallèle deux livres que tout oppose mais pourtant si directement connectés à la même actualité sociale de ces dernières semaines en France. Écrits avant le mouvement des « gilets jaunes » en France, ces deux livres semblent pourtant analyser à leur manière et par avance ce mouvement social.

VuillardD’Eric Vuillard (Goncourt 2018), La guerre des pauvres, sorti en janvier 2019 chez Actes sud est un court texte, presque un essai ou un mini-mémoire, sur le personnage historique de Thomas Müntzer, pasteur allemand exalté à la destinée tragique. Au temps de Luther, il a été beaucoup plus radical dans sa remise en cause des pouvoirs établis et dans la lutte contre l’accaparement des richesses. Il a emporté dans une révolte connue comme « la guerre des paysans » le peuple des gueux, jusqu’à l’écrasement dans le sang de celle-ci. Ecrit dans un style vif, nerveux, avec des phrases courtes qui donnent l’impression d’un destin implacable, le texte de Vuillard fait de Müntzer une sorte de prophète qui viendrait s’inscrire dans une longue lignée d’hommes exceptionnels qui surgissent du néant et ont porté les révoltes des pauvres à travers le temps.

NegriHardt, A. Negri, Assembly, New York, Oxford University Press, 2017

Hardt et Negri s’interrogent dans ce livre sur la vague planétaire des protestations populaires qu’a connu le monde depuis plus d’une décennie, des printemps arabes jusqu’à BLM aux Etats-Unis, en passant par l’Europe et l’Asie du sud-est. Ils voient dans ces soulèvements populaires une rupture historique dans l’histoire des mouvements sociaux, qui commande une pensée neuve de l’organisation démocratique pour les accompagner. La nouveauté viendrait surtout de leur horizontalité : l’absence, souvent revendiquée, de leaders. Selon les auteurs, cette absence de chefs charismatiques qui réunirait ces différents mouvements n’est pas uniquement une faiblesse (à déplorer) qui nuit aux soulèvements même mais une donnée nouvelle de l’organisation démocratique qu’il convient de prendre en compte pour mener plus efficacement ces mouvements.

L’ouvrage étant publié en 2017 (non traduit encore en français), les auteurs ne peuvent évidemment pas intégrer à leur réflexion le mouvement français des « gilets jaunes » qui correspond cependant point pour point à leurs préoccupations dans ce livre : un soulèvement populaire, d’aspiration démocratique, sans véritables chefs ni organisation hormis celle des réseaux sociaux, qui fait trembler le pouvoir en place, mais ne sait comment convertir son ascendant et se condamne à se répéter au risque de s’épuiser ou de se dissoudre dans des formes classiques de protestation (partis, élections) qui ont montré depuis bien longtemps leurs limites et les limites du jeu démocratique tel qu’il est en place dans les démocraties libérales. Pourquoi cette démonstration de puissance de la multitude ne produit pas d’effets durables ou réellement significatifs ?

 

 

Formes de « Nous ». Y a-t-il des individus isolés ? (CIPh)

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Séminaire Collège International de Philosophie – Marc PAVLOPOULOS

Faut-il choisir entre faire nous et dire « je » ? Suffit-il de partager une activité pour faire partie d’un collectif ? Le collectif s’oppose-t-il au sujet individuel ou au contraire le soutient-il, voire le précède-t-il, y compris quand plus personne ne dit « nous » ? Peut-on ne pas penser de manière collective ? Etc.
La solitude du sujet néolibéral pourrait n’être que l’effet certes très réel, mais surdéterminé et somme toute bien fragile, d’un complexe d’idées fausses. Partant d’une analyse à plusieurs voix de diverses formes de « nous », nous tenterons de dégager des lignes théoriques permettant de fracturer ce complexe.

Mercredi 27 mars : Judith Revel, Université Paris Nanterre/Sophiapol : Nous, condition de possibilité ou effet des pratiques ?

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DESIGNING COMMUNITY – PARIS / 19 & 20 avril 2019

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DesignColloque international avec BERNARD STIEGLER, RICHARD SENNETT, TIM INGOLD à l’espace Niemeyer (Paris 10e)

À une époque où l’urgence écologique et sociale fait peser plus que jamais la nécessité d’une nouvelle pensée et fabrique du commun, nous interrogerons le design sur sa capacité à contribuer à la fabrique de son organe culturel, la communauté, à partir de ses ressorts psychosomatiques, l’affect commun et le territoire. Si la recherche en design consiste notamment dans l’invention de nouveaux processus et circuits de production, l’enjeu de ces rencontres consistera à réfléchir à la production de notre être-en-commun à partir des infrastructures de production de notre milieu technique, et de leur capacité à tisser et vivifier des affects communs portés par des enjeux démocratiques, cosmopolitiques et esthétiques. (…)

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filmer l’impossible communauté (Clément Cogitore)

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BraguinoBraguino, l’impossible communauté, 2017

Film documentaire, 50 min, SEPPIA PRODUCTIONS

Coproduction ARTE – la Lucarne, Making Movies, YLE

En compétition fin février pour les César, le film de Clément Cogitore, artiste par ailleurs récemment couronné du prix Marcel Duchamp, raconte l’histoire d’un homme qui, tel un nouvel Adam, élève une famille au bout du monde (le fin fond de la Sibérie) dans un environnement absolument sauvage et sans humains à des milliers de kilomètres à la ronde. Jusqu’à ce qu’une autre famille décide de s’installer dans une proximité immédiate…

Au milieu de la taïga sibérienne, à 700 km du moindre village, se sont installées 2 familles, les Braguine et les Kiline. Aucune route ne mène là-bas. Seul un long voyage sur le fleuve Ienissei en bateau, puis en hélicoptère, permet de rejoindre Braguino. Elles y vivent en autarcie, selon leurs propres règles et principes. Au milieu du village : une barrière. Les deux familles refusent de se parler. Sur une île du fleuve, une autre communauté se construit : celle des enfants. Libre, imprévisible, farouche. Entre la crainte de l’autre, des bêtes sauvages, et la joie offerte par l’immensité de la forêt, se joue ici un conte cruel dans lequel la tension et la peur dessinent la géographie d’un conflit ancestral.

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Pour aller plus loin:  interview du réalisateur