A-t-on renoncé à la Communauté?

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600px-Ambrogio_Lorenzetti_002Une interview audio de Jean-Luc Nancy (17/11/2016)

Par-delà ce fantasme de la communion, Jean-Luc Nancy propose une réflexion originale sur la communauté, qui constitue l’un des fils d’Ariane de son œuvre – de La communauté désœuvrée (1986) jusqu’à La communauté affrontée (2014). C’est comme désœuvrement qu’il faut penser la communauté – et ce désœuvrement n’est pas le renoncement à la communauté elle-même, mais le renoncement à son achèvement, à la recherche de sa clôture et de sa totalisation.

C’est ainsi que l’on peut retrouver le sens du politique, comme l’écrivait Jean-Luc Nancy en 1986 :  « Politique voudrait dire une communauté s’ordonnant au désœuvrement de sa communication, ou destinée à ce désœuvrement : une communauté faisant consciemment l’expérience de son partage ».

à écouter sur France-culture en cliquant ici

 

Le conflit politique: logiques et pratiques

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commune-de-paris-1871-barricade-rue-saint-sebastien-paris-xieme-ar-e8f67Colloque du Collège International de Philosophie qui s’est tenu les 6,7 & 8 avril 2017 à la Parole Errante et au Théâtre L’échangeur.

avec, parmi d’autres,  Jacques Rancière, Alain Badiou, Bernard Aspe, Frédéric Neyrat…

Toutes les communications du colloque, qui posent naturellement la question de la Communauté, sont désormais en ligne sur le site de la vie manifeste.

 

Vivre, donc. Maintenant.

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lundi.amlocalcache-vignettesL700xH467demainestannule-60a37-733da93ba38bd0c43a5f795576b663f5aba78044Au lendemain même des élections, paraît aux éditions La Fabrique Maintenant, dernier petit opus du Comité invisible. Et le premier chapitre, qui tire à chaud les leçons de la campagne présidentielle française, annonce sans coup férir  : « Demain est annulé ».

On peut regarder une campagne présidentielle couler à pic. La transformation du « moment le plus important de la vie politique française » en grand jeu de massacre n’en rend le feuilleton que plus passionnant. On n’imaginait pas Koh-Lanta avec de tels personnages, ni rebondissements si vertigineux, épreuves si cruelles, humiliation si générale. Le spectacle de la politique se survit comme spectacle de sa décomposition.

Reprenant en plus court les analyses d’A nos amis (2015), ce livre tire également les leçons pour le présent immédiat des manifestations de 2016 contre la loi Travail et des promesses inabouties du mouvement Nuit-Debout. Pour réaffirmer plus fortement encore, à la veille de l’élection d’un nouveau président, que seul un processus de destitution peut contrer le fonctionnement calamiteux des institutions que nous connaissons.

En somme, pour nous, c’est Maintenant ou jamais.


Au même moment, paraît sur son blog un billet d’André Gunthert, qui analyse ce qu’il appelle « le repli micro-communautaire » (dont il fait de l’épicerie de Tarnac un symbole) comme la conséquence du désastre ambiant :

Face au pouvoir des lobbies ou à l’abandon des élites, les communautés minoritaires n’apparaissent plus comme une menace, mais au contraire comme un abri, le dernier refuge des solidarités et des protections que n’offre plus le politique. Significativement dénoncée par le pouvoir comme l’épicentre de la révolution, l’épicerie de Tarnac symbolise aujourd’hui l’horizon paisible d’une communauté affinitaire, qui ne peut manifestement plus être atteint à travers les instruments de la citoyenneté.

Lire son billet « Sous le signe de Tarnac » ici

« La bouche qui dit Nous »

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E.marrouLa philosophe Elise Marrou coordonne un dossier de la revue Klésis et livre une réflexion intéressante sur la possibilité d’une énonciation collective: « Dire nous »

On écoutera également avec profit sa communication intitulée « la communauté des hommes et des bêtes: un nouveau partage du sensible », qui mêle Kafka et Rancière,  ici.

 

Sur la communauté des solitaires (P. Quignard)

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Quignard

Le fond de ce que j’écris est un unique étonnement. Il est étonnant qu’à l’intérieur de tous les groupements humains existe depuis toujours un désir de fuir qu’aucun groupe n’assume. Ce mystère a passionné mes jours dès la plus petite enfance.

Cette belle exploration est aussi une trouée dans le mystère du besoin de communauté des hommes, suggérant que ce besoin s’exprime également dans la fuite de la proximité des semblables, dans une solitude qui est une communion à distance avec d’autres hommes, bêtes ou dieux.

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