J’ai délaissé le mot « communauté » car il ne cesse pas de faire surgir des malentendus ou des trop bienentendus…

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jean-luc_nancy-d131—Entretien avec Jean-Luc Nancy (blog lundi.am, 2 janvier 2017)

Lundi matin : Dans un entretien récent, vous affirmez que la pensée n’a plus d’espace qui lui soit propre. Que l’université n’est plus l’espace adéquat au développement de la pensée et qu’il faudrait donc chercher un autre lieu. Vous rejetez la notions de communauté, au profit de quelque chose que vous nommez « la commune ». Qu’entendez-vous par « commune » et pourquoi avoir abandonné le concept de « communauté » ?

Jean-Luc Nancy : J’ai délaissé le mot « communauté » car il ne cesse pas de faire surgir des malentendus ou des trop bienentendus (on peut les voir des deux façons). Je l’avais reçu de Bataille et de Bailly mais il a soudain connu une vogue de plus en plus douteuse- et donc aussi une contestation parfois juste et parfois elle aussi douteuse. L’important pour moi est que le commun est ontologiquement présent dans l’individuel. Il n’y a pas d’individuation sans communication, communisation, comme on voudra. C’est un axiome indispensable. Parler de « la commune » (j’oublie où je l’ai fait) a dû être un moyen 1) de garder le « com-« 2) de rendre hommage à celle de Paris (qui cependant ne fait pas un modèle politique, mais raconte une très belle histoire) – 3) de désigner un lieu institué, le réseau des communications entre tous les esprits, les désirs, les attentes de notre monde qui se sait tellement dépourvu de « bien commun »… c’est-à-dire aussi de « bien particulier »…

Lire l’ensemble de l’entretien, intitulé « Le vote n’est pas une parole. En aucun cas » sur le site de lundi matin

Sauver le commun du communisme -Erik Bordeleau

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Que faire de l’aventure communiste ? En quoi nous concerne-t-elle encore aujourd’hui? Depuis la chute du mur de Berlin et l’intégration de la Chine et des pays de l’ex-Union soviétique à l’économie mondialisée, on considère souvent l’épisode communiste comme un simple accroc dans le déroulement de l’Histoire, une sorte de régression dans l’avancée irrésistible du capitalisme. Et pourtant, si le communisme n’est plus l’horizon indépassable de notre temps, la nécessité de repenser le commun, elle, se manifeste avec plus d’insistance que jamais (…) Nous avons besoin de nous réapproprier la réalité de nos désirs avant qu’ils ne soient convertis en matière sombre du capitalisme. Nous avons, en somme, besoin de faire de nous-mêmes les précurseurs d’un nouveau type de communisme: un communisme de la résonance sensible plutôt qu’un communisme de la volonté.

 

Lire un compte-rendu dans la rubrique bibliographie

Demain les liens. La SF et l’horizon esthétique de la Communauté

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—Par Colin Pahlisch

Déjouer la nostalgie

« Nous sommes une communauté de désirs, non d’action », affirme Annie Ernaux au terme d’un petit livre consacré à l’observation des clients d’un hypermarché.[1] Considérée sous son aspect gnomique, la formule mérite d’être prise au sérieux par les penseurs du « commun ». Si la problématique de la communauté intéresse vivement aujourd’hui politologues, sociologues et économistes, il semble que le nombre de chercheurs en littérature à prendre véritablement part au débat se cantonne encore à quelques tentatives isolées. À titre d’exemple, on ne trouve pas mention dans l’important essai de Pierre Dardot et Christian Laval intitulé Commun[2] de l’intérêt que suscite aujourd’hui la question du lien social dans les arts en général, et la littérature en particulier. Là n’est pas la préoccupation fondamentale des deux auteurs, certes, mais une telle enquête fournirait à leurs perspectives des extensions fructueuses.[3]

De nombreux écrivains interrogent aujourd’hui… Lire la suite ici

« Senses of community » -Making sense of the word community in European languages

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–by Thierry Tremblay

The word community seems to follow the same usage in both French and English, however, it can be a source of misunderstanding. To tackle the difficulties of its senses, it would require a much more thorough investigation. One of these difficulties is not specific to this term, but can be said of many other terms: in a given language at a given time, senses vary. For instance, the contemporary American usage of the word community is not exactly the same as, for example, in British English. Even in the American usage, there are probably substantial differences between different regions of the country, between different generations and, so to say, between the different “communities” using it.

It is also the case in the Francophone space (…) Read more

Oldies but goodies: L’anthropologie de Victor Turner/ Victor Turner’s anthropology of community

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turner-5189The Ritual Process: Structure and Anti-structure, Chicago, Aldine publishing, 1969

« Liminality and Communitas »

Ethnographe de l’Afrique et du religieux (des rites de passage en particulier), Victor Turner (1920-1983) intéresse la réflexion générale sur la Communauté par l’opposition qu’il théorise entre « structure » (qui serait le mode normal d’existence des sociétés, caractérisé par des statuts fixes et clairement différenciés) et « communitas » (un état « transitionnel » où les distinctions sociales sont abolies).

It is as though there are here two major « models » for human interrelatedness, juxtaposed and alternating. The first is society as a structured, differentiated, and often hierarchical system of political-legal-economic positions with many types of evaluation, separating men in terms of « more » or « less ». The second, which emerges recognizably in the liminal period [Van Gennep’s middle phase of the 3-steps rites de passage], is a society as an unstructured or rudimentarily structured and relatively undifferentiated comitatus, community, or even communion of equal individuals who submit together to the general authority of the ritual elders.

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Saurons-nous nous reconnaître précisément à ce que nous ne disposons pas des termes adéquats pour dire ce vers quoi nous nous efforçons de tendre, et qui suppose d’y aller ensemble ?

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nb-ms-indiscipline-c1-672x372Un petit opuscule rafraîchissant de Myriam Suchet: Indisciplines ! ed. Nota Bene, Montréal,

aout 2016

extrait:

Contre les puissances environnantes du monde hostile, contre la violence qui nous entoure, contre la bêtise qui nous gouverne, les naufrages innommables, les attentats sanglants, les silences radiophoniques, contre les logiques qu’on nous impose et que nous nous imposons à nous-mêmes, une tactique: l’indiscipline.

L’indiscipline n’est pas une solution. Elle n’est pas même durable. Mais il se pourrait qu’elle introduise des brèches, qu’elle produise des intervalles et des interstices où s’engouffrera du nouveau. Nous en aurons besoin, quand il deviendra évident que nous continuons à courir alors que la falaise n’est déjà plus sous nos pieds, comme le constate toujours un peu trop tard le coyote des dessins animés. L’urgence n’en est que plus grande. Nous en avons déjà besoin.

Car s’il est un diagnostic…

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« Infra-communer »: dans, contre et au-delà de l’université-telle-quelle

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poster-undercommoning-global-day-of-action-smallInfracommuns (n.) : Les réseaux de solidarité rebelle qui s’entrelacent dans, contre et au-delà des institutions dominantes et des structures de pouvoir

Infracommuner (v.) : Le travail et processus, conscient et inconscient, d’entrelacer les infracommuns

Le Projet Infracommun (n.) : Un réseau d’organisateurs.trices radicales travaillant dans l’ombre de l’université.

L’université telle-quelle (n.) : Leur rêve, notre cauchemar.

Au-delà de l’université-telle-quelle (n.) : Notre rêve, leur cauchemar.

Lire l’appel en français…