« Le nom commun de la communauté » —par Thierry Tremblay

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Recension de Nous? L’aspiration à la communauté et les arts (Rémi Astruc, Versailles: RKI Press, déc. 2015)

Le nom commun de la communauté est un pronom, un pronom de personne. La marque de la question est un point d’interrogation. La grammaire contemporaine de l’interrogation est donc marquée, comme le titre extrêmement simple de l’ouvrage de Rémi Astruc, par Nous, pluralité de Je ou de Moi, et par un signe de ponctuation, point d’interrogation.

La difficulté du commun dont le nom commun est le pronom personnel Nous tient en effet à ne pas segmenter en termes d’attributs la participation à la personne. Elle tient également au statut propre de la singularité, car la communauté peut être monastère, bien amarrée sur son μόνος, communauté d’unités, de singularités relatives ou de solitudes, communauté d’uniques, fondée sur une articulation invisible verticale (de nature transcendantale, mais tout de même « très manifeste ») plutôt que sur son évidente horizontalité (visibilité immanente, étendue partagée, sensation plus ou moins pénible de masse ou éventuellement agrément de foule). C’est ce qui explique la distinction entre communautés, qui relèvent de la part qui est « déjà là » et de l’analyse sociologique ; et la Communauté, qui est de l’ordre du possible, de l’imaginaire, d’une « aspiration à la communauté », pour reprendre le sous-titre de l’ouvrage.

La scène de l’assemblée (…)

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Partir en communauté (dossier de la revue Cahiers d’Histoire)

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n°133 | 2016

Frank Noulin et Jean-François Wagniart (coord.)

(…) C’est pourquoi nous avons décidé de travailler sur le départ pour « créer communauté », afin de vivre pleinement ses idées, et ce, sans dogmatisme ni fanatisme. Peu importait la distance parcourue, puisque comptait surtout le cheminement d’hommes et de femmes rompant avec leurs milieux d’origine, jugés trop étroits et fermés. Leur aspiration profonde était de faire vivre leurs idéaux « ici et maintenant », sans attendre une transformation globale des structures de la société et des institutions, en laquelle ils ne croyaient souvent plus, avec l’espoir cependant que leurs démarches puissent servir d’exemple et se multiplier.

Souvent inspirés de pensées utopistes, égalitaires ou libertaires, ou pour les plus religieux d’un retour à un christianisme primitif et communautaire, ces militants (…)

N° en accès libre, pour le consulter : cliquer ici

Images de la Communauté aujourd’hui/ Picturing Community today

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Appel à participation (colloque 1er et 2 juin 2017, Cergy)

La réunion des hommes en Communauté est généralement pensée comme plus profonde, plus intense et plus organique que leur simple regroupement en société. De là naissent bien des images qui s’efforcent de capturer et (re)présenter, métaphoriquement ou littéralement, ces liens à l’intensité remarquable.

Ruche, fourmilière, banc de poisson —image « plus terrifiante encore », selon Roland Barthes, que celle de la fourmilière— ; foules compactes, masses indistinctes ou organismes composites, corps multiple(s) mais « comme-un » ; nouveaux Léviathans repoussants, ou nouvelles Utopies séduisantes, ces représentations, depuis l’Antiquité, sont nombreuses et variées. Mais se sont-elles renouvelées ? (…)

Colloque international – Cergy, 1er et 2 juin 2017 – En savoir plus…

Quel type de communauté organiser dans ce temps de survie ?

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A Migrant Constituent Assembly

Une assemblée constituante migrante est une communauté négative, qui ne peut, par définition, se constituer, en tant que nation. Elle est l’assemblée de ce peuple qui manque, de ce peuple mineur, éternellement mineur, qui défait le lieu de séparation entre son dedans et son dehors. Une Constituante migrante est en cela l’a-réalisation des communautés migrantes, son incompossibilité même, un désir de faire commun dans la récusation de toute solidification des appartenances.  Que pourrait être, que devrait être, une constituante pour un peuple qui fait défaut?

Saturday 28th & Sunday 29th January, 2017
Centre Pompidou
part of the Festival Hors Pistes 2017

Une Constituante migrante

Centre Pompidou
Samedi 28 & Dimanche 29 janvier 2017

Grande salle du Centre Pompidou de 14h à 21h
Entrée libre

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J’ai délaissé le mot « communauté » car il ne cesse pas de faire surgir des malentendus ou des trop bienentendus…

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jean-luc_nancy-d131—Entretien avec Jean-Luc Nancy (blog lundi.am, 2 janvier 2017)

Lundi matin : Dans un entretien récent, vous affirmez que la pensée n’a plus d’espace qui lui soit propre. Que l’université n’est plus l’espace adéquat au développement de la pensée et qu’il faudrait donc chercher un autre lieu. Vous rejetez la notions de communauté, au profit de quelque chose que vous nommez « la commune ». Qu’entendez-vous par « commune » et pourquoi avoir abandonné le concept de « communauté » ?

Jean-Luc Nancy : J’ai délaissé le mot « communauté » car il ne cesse pas de faire surgir des malentendus ou des trop bienentendus (on peut les voir des deux façons). Je l’avais reçu de Bataille et de Bailly mais il a soudain connu une vogue de plus en plus douteuse- et donc aussi une contestation parfois juste et parfois elle aussi douteuse. L’important pour moi est que le commun est ontologiquement présent dans l’individuel. Il n’y a pas d’individuation sans communication, communisation, comme on voudra. C’est un axiome indispensable. Parler de « la commune » (j’oublie où je l’ai fait) a dû être un moyen 1) de garder le « com-« 2) de rendre hommage à celle de Paris (qui cependant ne fait pas un modèle politique, mais raconte une très belle histoire) – 3) de désigner un lieu institué, le réseau des communications entre tous les esprits, les désirs, les attentes de notre monde qui se sait tellement dépourvu de « bien commun »… c’est-à-dire aussi de « bien particulier »…

Lire l’ensemble de l’entretien, intitulé « Le vote n’est pas une parole. En aucun cas » sur le site de lundi matin

Sauver le commun du communisme -Erik Bordeleau

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Que faire de l’aventure communiste ? En quoi nous concerne-t-elle encore aujourd’hui? Depuis la chute du mur de Berlin et l’intégration de la Chine et des pays de l’ex-Union soviétique à l’économie mondialisée, on considère souvent l’épisode communiste comme un simple accroc dans le déroulement de l’Histoire, une sorte de régression dans l’avancée irrésistible du capitalisme. Et pourtant, si le communisme n’est plus l’horizon indépassable de notre temps, la nécessité de repenser le commun, elle, se manifeste avec plus d’insistance que jamais (…) Nous avons besoin de nous réapproprier la réalité de nos désirs avant qu’ils ne soient convertis en matière sombre du capitalisme. Nous avons, en somme, besoin de faire de nous-mêmes les précurseurs d’un nouveau type de communisme: un communisme de la résonance sensible plutôt qu’un communisme de la volonté.

 

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