CFP: Musique et hacking. Instruments, communautés, éthiques

Appel à communication pour un Colloque International

musée du quai Branly

 8-9‐10 Novembre 2017

 Toutes les informations relatives au colloque et au Music Hack Day seront mises en ligne ici

English (see French below): The “Music & Hacking: Instruments, Communities, Values” conference intends to look at musicians and technicians’ practices which – explicitly or implicitly – could be seen as musical hacking activities. Since the turn of the last century, computer coding and digital instruments continue to transform the aesthetic, ergonomic, communicational, and ethical dimensions of musical practices. These shifts are taking place in part under the banner of hacking, a notion which is primarily associated with the IT world. However, it has progressively infiltrated and structured a number of other fields, such as that of artistic creation. Hacker values include re-appropriation of mass-produced technical products and a focus on freely accessible communal know-how, as well as the pleasure of serendipity, subversion, and manipulation. In sum, hacking is the foundation of a disparate, discreet form of social protest: a reaction to a normalized, globalized commercial and industrial culture. The conference will focus on three general themes: organological hacking, creation and federation of musical communities through hacking, and the influence of hacker ethics on musical practices. At the end of the conference, a Music Hack Day will be organized on the premises of IRCAM, which will give us a chance to extend and test our reflections on musical hacking.

Topics

  • Invention and subversion of instruments
  • Non-conformist instrumental practices
  • Hacking, organology, museology
  • DIY, circuit bending, and making
  • Squats, fab labs, and makerspaces
  • Hacking and socializations
  • Opportunity, serendipity, and innovation
  • Music and open source
  • Musical hacking and intellectual property
  • Hacker ethics and axiology
  • Coding and transcoding music
  • Musical hacking and the emergence of digital culture
  • Musical hacking and the history of information technologies
  • Musical hacking and digital art forms
  • Cultural industries and counter-cultures
  • Music Hack Days, tech providers, and web audio
  • Demoscene and derivations of hacking

Proposals for demos, workshops or performances will be taken into consideration for inclusion in the concluding Music Hack Day.

Calendar

Proposals (either in English or French) are due on May 1st, 2017, and should be sent to musiquehacking2017@gmail.com. Authors will be notified of their participation on July 1st, 2017 at the latest. Proposals, in .doc format, should include a title and an abstract of approximately 500 words, the author’s name and institutional affiliation, as well as a brief biography.

French:

Argumentaire

Depuis le tournant du troisième millénaire, le code informatique et les instruments numériques ne cessent de transformer les pratiques musicales dans leurs dimensions esthétiques, ergonomiques, communicationnelles ou éthiques. Cette reconfiguration s’opère en partie sous les auspices de la notion de hacking. Si cette dernière renvoie initialement à un ensemble d’activités liées au monde de l’informatique, elle a progressivement infiltré et structuré d’innombrables champs, dont celui de la création artistique. Les valeurs véhiculées par le hacking prônent à la fois la réappropriation des objets techniques produits en série et la valorisation d’une forme de savoir-faire communautaire en libre accès, mais aussi le plaisir de la sérendipité, du détournement et de la manipulation. Elles sous-tendent une forme de contestation sociale discrète et éparse, en réponse à une culture commerciale et industrielle mondialisée souvent normalisante. Le colloque « Musique et hacking » vise à cerner les pratiques de musiciens et de techniciens (professionnels ou non) s’impliquant dans des activités qui relèvent, explicitement ou implicitement, du hacking musical, et à étudier plus précisément le rôle joué par les hackers musicaux au sein de la culture numérique et des processus d’innovation qui lui sont associés. Il s’agira aussi de discuter les méthodologies d’analyse de ces pratiques dont on gage que l’importance ira croissant lors des prochaines décennies. L’organisation en clôture du colloque d’un Music Hack Day dans les locaux de l’IRCAM permettra par ailleurs de prolonger et de mettre à l’épreuve les réflexions sur le hacking musical qui auront ainsi été développées. Les nombreuses répercussions de la relation entre musique et hacking nous amèneront à explorer prioritairement trois thèmes généraux : le hacking organologique ; la formation et la fédération de communautés musicales par le hacking ; l’influence de l’éthique « hacker » dans les pratiques musicales.

1. Organologie. La musique n’existant que sous condition organologique, il convient d’abord de considérer le hacking musical dans sa dimension matérielle, et donc dans les conséquences que peut avoir cette posture créative sur les instruments de musique. De nombreuses pratiques instrumentales, qu’il s’agisse de la préparation d’instruments acoustiques, du détournement d’appareils électroniques ou de la création d’instruments recyclés, sont ainsi susceptibles d’être interrogées à l’aune de la notion de hacking. Au-delà de la simple requalification de pratiques qui, pour une large partie, précédent les théorisations du hacking, il s’agira d’interroger plus spécifiquement les approches de l’instrument qui sont susceptibles d’être éclairées par la notion de hacking ou qui ont pu être éclairées par elle, que ce soit par l’environnement dans lequel elles s’inscrivent, les formes de savoir qu’elles impliquent ou les acteurs qu’elles mobilisent.

2. Communautés. L’une des conséquences majeures de ces attitudes transgressives par rapport à l’environnement matériel des musiciens (instruments, supports de diffusion, dispositifs d’écoute, etc.) peut se lire dans la structuration autonome de communautés sociales qui se créent plus ou moins spontanément, soit en ligne, soit par l’appropriation de lieux qui vont de l’occupation illégale à l’institutionnalisation des fab labs. Ces makerspaces promeuvent la mise en partage d’outils et de connaissances liées à la manipulation de ces outils, ce qui a pour effet d’accentuer la dimension de partage et l’adhésion aux valeurs du hacking. La circulation d’une information par nature malléable qui est au cœur de ces diverses communautés appelle une étude approfondie des trajectoires qu’elle emprunte et des transformations qu’elle subit, en tant qu’elle contribue activement à la structuration sociale de ces communautés comme à la recréation, sous de nouvelles formes, de réseaux liés à l’économie de l’information.

3. Ethique. Les postures du hacking sont intrinsèquement liées à un ensemble axiologique plus ou moins explicite permettant de mettre en évidence une véritable éthique du hacking, qui conduit à l’adoption d’attitudes irrévérencieusement créatives, tant à l’égard du monde matériel qu’à celui de la propriété intellectuelle. Le fait de détourner les attributs d’un objet ou de contourner les lois qui régissent les droits relatifs à une œuvre dénotent une allégeance latente à des valeurs hétérodoxes oscillant entre contestation de l’éthique capitaliste traditionnelle et adhésion au nouvel esprit du capitalisme : le travail comme passion plutôt que comme devoir ; le libre partage plutôt que l’échange marchand ; la communauté plutôt que l’individu ; la reconnaissance des pairs plutôt que la monétisation ou encore la libre circulation de l’information plutôt que son appropriation. À mesure que la culture hacker se diffusait en dehors du monde de l’informatique, d’autres valeurs s’y sont agrégées : le goût du « faire », la recherche de l’innovation (voire l’impératif de créativité) et le souci du recyclage (voire la revendication anti-consumériste). Celles-ci sont encore trop peu étudiées avec attention, a fortiori au prisme des pratiques musicales, c’est pourquoi il s’agira de les mettre en lumière et de montrer leur efficience dans la régulation des pratiques elles-mêmes. Au-delà de ces trois axes principaux, les contributions s’inscrivant plus généralement dans l’optique d’une réflexion sur les rapports entre musique et hacking seront examinées avec intérêt.

Les thèmes suivants pourront ainsi être abordés, sans que cette liste n’ait vocation limitative : • Inventions et détournements instrumentaux • Pratiques instrumentales non-conformistes • Hacking, organologie, muséologie • DIY, circuit bending et making • Squats, fab labs et makerspaces • Hacking et socialisations • Opportunité, sérendipité et innovation • Musique et open source • Hacking musical, piratage et propriété intellectuelle • Éthique hacker et axiologie • Codage et transcodage de la musique • Hacking musical et émergence de la culture numérique • Hacking musical et histoire de l’informatique • Hacking musical et arts numériques • Industrie culturelle et contre-cultures • Music Hack Days, tech providers et web audio • Demoscene et filiations du hacking

Dans le cadre du Music Hack Day qui se tiendra à l’IRCAM en clôture du colloque, les propositions de démos, workshops ou performances seront également examinées.

Calendrier

Les propositions de communications (en français ou en anglais) devront être envoyées au plus tard le 1er mai 2017 à hacking2017@gmail.com et la notification d’acceptation ou de rejet sera donnée aux auteurs le 1er juillet 2017 au plus tard. Les propositions comporteront un titre et un résumé d’environ 500 mots, le nom de l’auteur, son institution de rattachement et une brève biographie. Elles seront envoyées au format .doc. Toutes les informations relatives au colloque et au Music Hack Day seront mises en ligne ici

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