La Communauté à l’épreuve des arts de la rue

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Une histoire d'Ilotopie, Cie d'arts de la rue

Une histoire d’Ilotopie, Cie d’arts de la rue

La Satiété du spectacle.

Nous voici dans une société d’où le réel est rapidement en train de disparaître, tel que Jean Baudrillard l’avait imaginé. Ce vacillement de la réalité, débuté depuis la seconde guerre mondiale entre industrialisation de massacres d’humains et fission atomique s’accélère chaque jour sur cette planète entoilée de cybernétisme. Notre environnement, si soigneusement répertorié par les « encyclopédistes » qui aidèrent à construire le monde contemporain, se mute au fil du temps en répertoire d’images. Parallèlement, s’érige une nouvelle humanité composée pour la première fois d’une vraie collection d’individus, décideurs autonomes, heureux d’accéder à une société du mirage, à une société de la satiété.

L’argent qui fut la première des réalités avant de devenir un fluide virtuel ne parviendra peut-être pas à tenir en haleine le prochain milliard d’individus ; qu’est-ce qui fera société demain dans un libéralisme qui ne s’est jamais préoccupé vraiment d’inventer un « après Dieu », puisque c’est juste la fabrication du client qui le fascine ; d’ailleurs, devenir client est une adhésion implicite au système, c’est un baptême.

En somme, un schéma économique à perdre l’esprit est le lien engendrant une population déliée facilement aliénable, qui cherche parfois derrière elle ses voies éthiques.

C’est à cet étage et à ce moment-là que se situent l’art et la culture, quand l’accélération du délitement appelle les artistes à inventer les futurs mythes athées et urbains qui nous feront vivre ensemble demain. Sans une secousse culturelle, voici des morceaux entiers de la société qui s’enfermeront dans des sectarismes dévastateurs ; la responsabilité de l’art d’aujourd’hui est ici.

Avant de détruire les utopies que nous inventerons, ayons d’abord la joie de les inventer.

Si la prochaine floraison artistique a lieu, elle éclora dans l’espace public pour peu que la paix lui en donne le temps, devenant « le potentiel utopique de l’espace public » dont parlait déjà Habermas. Nous avons du boulot !

Bruno Schnebelin (fondateur et directeur artistique d’Ilotopie)

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